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Comprendre le langage corporel des chiens pour mieux communiquer avec eux

Comprendre le langage corporel des chiens pour mieux communiquer avec eux

Il y a un matin de début décembre dont je me souviendrai longtemps. On était au bord du Rhône, le vent soufflait un froid de canard, et mon croisé berger était planté là, raide comme un piquet. Un joggeur arrivait au loin. Moi, je m'époumonais : « Assis ! Assis ! » de plus en plus fort. Rien. Il ne bougeait pas d'un poil, les yeux fixés sur l'inconnu. J'avais l'air d'un fou à hurler dans le vide, et plus je montais le ton, plus mon chien semblait m'ignorer. C'est là que j'ai eu le déclic : il n'était pas têtu. Il était en train de me dire quelque chose, mais je parlais chinois et lui me répondait en italien.

Quand j'ai adopté mon loulou au refuge, j'étais persuadé que l'éducation, c'était une question de volume sonore et de fermeté. Je pensais que s'il détournait la tête quand je le grondais, c'était par pur défi ou parce qu'il faisait le fier. En réalité, après environ trois semaines de vie commune à me demander pourquoi rien ne fonctionnait, j'ai compris que ce détournement de regard était un cri à l'aide. C'était un signal pour me dire : « S'il te plaît, calme-toi, tu me fais peur ». J'ai réalisé que je passais à côté de 90 % de notre relation parce que je ne savais pas lire son corps.

Le secret est dans les détails (et les muscles)

On a tendance à regarder la gueule d'un chien pour savoir s'il va aboyer ou mordre, mais le vrai baromètre de ses émotions est bien plus subtil. Saviez-vous qu'un chien possède 18 muscles rien que pour bouger ses oreilles ? C'est une ingénierie de communication incroyable. En observant mon chien de plus près, j'ai arrêté de me focaliser sur ses « bêtises » pour regarder l'orientation de ses oreilles et la tension à la base de sa queue. C'est ce que certains appellent le code-secret-chiens-obeissants : cette capacité à voir l'invisible avant que le comportement n'explose.

Leur biologie est d'ailleurs fascinante. Là où nous, humains, avons un champ de vision d'environ 180 degrés, nos compagnons à quatre pattes profitent d'un champ de vision de 240 degrés. Ils captent le moindre de nos micro-mouvements, même quand on pense qu'ils ne regardent pas. C'est pour ça que si vous êtes tendu, même si vous souriez, votre chien le sait. Il voit l'inclinaison de vos épaules et la raideur de vos mains sur la laisse bien avant que vous ne sortiez le premier mot.

Gros plan sur la tête d'un chien montrant l'expression de ses oreilles et de ses yeux.

L'erreur que tout le monde fait : la queue qui remue

Si j'avais un euro pour chaque fois que j'ai entendu « Oh, il est content, il remue la queue ! », je pourrais payer des croquettes premium à mon chien pour les dix prochaines années. C'est sans doute l'idée reçue la plus tenace et la plus dangereuse que j'ai dû désapprendre. Interpréter la queue qui remue comme un signe universel de joie est une erreur. En réalité, cela traduit souvent une simple montée d'excitation ou de tension, qu'elle soit positive... ou agressive.

J'ai appris à regarder la hauteur et la vitesse. Une queue portée très haut qui bat de façon saccadée, c'est souvent un chien en état d'alerte maximale, pas un chien qui veut faire des câlins. À l'inverse, un battement large et souple qui fait bouger tout le bassin, là, on est dans la détente. C'est cette nuance qui change tout quand on croise un autre chien en balade. Si j'avais su ça plus tôt, je me serais épargné bien des sueurs froides. C'est un peu comme comparer l'excitation d'un enfant qui reçoit un cadeau à celle d'un conducteur en plein accès de rage au volant : dans les deux cas, le cœur bat vite, mais l'intention n'est pas la même.

Les signaux d'apaisement : le langage de la paix

Un après-midi pluvieux de mars, alors que nous étions coincés à l'intérieur, j'ai commencé à tester ce que les experts en éthologie appellent les signaux d'apaisement. Il y en a environ 30 identifiés par Turid Rugaas, une référence dans le milieu. Ce sont des gestes que les chiens utilisent entre eux pour désamorcer un conflit. L'un des plus simples ? Le bâillement.

Mon chien était un peu anxieux à cause de l'orage. Au lieu de le rassurer avec une voix aiguë (ce qui l'excitait encore plus), je me suis assis par terre, j'ai détourné le regard et j'ai baillé de façon exagérée. Pour un humain, ça a l'air idiot. Pour lui, c'était un message clair : « Tout va bien, je suis détendu, il n'y a pas de danger ». J'ai vu ses muscles se relâcher presque instantanément. C'est là que j'ai compris que je pouvais influencer son état émotionnel sans même ouvrir la bouche.

D'ailleurs, si vous vous demandez comment mettre tout ça en pratique au quotidien, j'en parle un peu dans mon récit sur comment j'ai enfin réussi l'éducation de mon chien de refuge en quelques minutes par jour. Il ne s'agit pas de passer des heures à étudier, mais de changer quelques habitudes de regard.

Un propriétaire de chien utilisant des signaux d'apaisement pour calmer son animal.

Le jour où j'ai arrêté de parler

Le vrai tournant a eu lieu lors d'une promenade fin mars. J'ai décidé, par pur défi personnel, de ne pas prononcer un seul mot pendant vingt minutes. J'ai uniquement utilisé mon orientation corporelle. Si je voulais qu'il tourne à gauche, je pivotais mes épaules avant de changer de direction. S'il s'excitait trop sur une odeur, je m'arrêtais et j'attendais qu'il me regarde, en utilisant des clignements d'yeux lents.

Le résultat a été bluffant. J'ai ressenti cette soudaine relaxation de la tension dans la laisse et le souffle doux de mon chien contre ma jambe quand j'ai enfin arrêté de crier. C'était comme si un poids s'était envolé. En étant moins « bruyant » visuellement et vocalement, j'étais devenu bien plus audible pour lui. J'ai réalisé que mon agitation passée ne faisait qu'ajouter de la confusion à son stress de chien de refuge.

Attention toutefois, je ne suis ni éducateur ni vétérinaire. Si votre chien montre des signes d'agressivité réelle ou de peur panique, n'essayez pas de tout régler seul avec des bâillements ; consultez un professionnel qui pourra poser un vrai diagnostic. Mais pour la vie de tous les jours, pour le propriétaire pressé qui veut juste une relation plus fluide, apprendre à observer est le meilleur investissement possible.

Conseils pratiques pour commencer dès demain

Si vous voulez tester ça sans y passer des heures, voici ce que j'ai fait :

Lately, nos balades sont devenues un vrai moment de complicité. Je ne me sens plus obligé de jouer les chefs de meute autoritaires. Je suis juste un type qui comprend quand son chien a besoin d'une pause ou quand il est prêt à apprendre quelque chose de nouveau. Si vous hésitez encore sur la marche à suivre, vous pouvez toujours regarder quelle méthode éducation canine pour propriétaires pressés choisir pour trouver ce qui correspond le mieux à votre rythme de vie.

Au final, la communication canine, c'est comme apprendre à danser. Au début, on se marche sur les pieds, on ne comprend pas les signaux du partenaire et on s'énerve. Mais une fois qu'on a pigé le rythme, tout devient plus fluide. On n'a plus besoin de crier pour être entendu, il suffit d'un regard ou d'un léger changement de posture. Et croyez-moi, le soulagement de ne plus être « celui qui hurle au parc » n'a pas de prix.

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